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Dr Rahal : Un nouvel institut du cancer jugé 'nécessaire et urgent'

Le professeur de médecine à la retraite et ancien chef de service de chirurgie à l’Institut Salah Azaïez de Tunis, Khaled Rahal, a insisté, dans une déclaration à Mosaïque, sur l’importance déterminante de la relation médecin-patient dès l’annonce du diagnostic de cancer, une étape qu’il considère comme décisive dans l’ensemble du parcours thérapeutique.

Selon lui, le diagnostic initial ne se limite pas à identifier la maladie, mais permet également de définir les différentes options de traitement, avec leurs bénéfices et leurs effets secondaires potentiels. Cela exige un dialogue médical clair, structuré et accessible, afin de garantir une compréhension complète du patient et de sa famille.

Khaled Rahal a également souligné le rôle essentiel de la famille, souvent impliquée dans le parcours de soins, ce qui impose aux équipes médicales une communication précise, rassurante et adaptée. L’objectif est de permettre au patient de participer activement aux décisions thérapeutiques et de renforcer son moral, un facteur déterminant dans la réussite du traitement.

Il a rappelé que la confiance psychologique du patient constitue un élément central : plus le patient est rassuré et impliqué, meilleures sont ses chances de réponse au traitement, tandis que la peur et l’incertitude peuvent compromettre son adhésion au parcours de soins.

Un projet de nouvel institut face à la pression hospitalière

Évoquant la situation de l’oncologie en Tunisie, Khaled Rahal a estimé que le pays dispose de compétences médicales de haut niveau dans toutes les disciplines du traitement du cancer (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie). Toutefois, il a pointé du doigt le manque de structures spécialisées capables de répondre à la demande croissante.

Il a rappelé que l’Institut Salah Azaïez, ouvert en 1969, fonctionne aujourd’hui à pleine capacité et ne parvient plus à absorber l’augmentation continue du nombre de patients.

Khaled Rahal a ainsi évoqué un projet de création d’un nouvel institut pluridisciplinaire dédié au traitement du cancer, financé par le Koweït et prévu sur un terrain à Ben Arous, à proximité de l’hôpital des grands brûlés. Malgré des études techniques avancées, ce projet reste en attente depuis plusieurs années.

Il a appelé à accélérer sa concrétisation et à renforcer le réseau national de prise en charge du cancer à travers la création de centres régionaux, notamment dans le sud-est, le sud-ouest et le centre du pays. L’objectif : rapprocher les soins des patients et réduire les contraintes de déplacement vers les grands centres.

Khaled Rahal a enfin souligné que le renforcement des infrastructures sanitaires et une meilleure répartition territoriale des services d’oncologie constituent une priorité urgente, en parallèle du développement des compétences médicales et des approches multidisciplinaires.